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    Une « carte bleue » européenne pour attirer les immigrés qualifiés ?
    Immigration - 26-09-2007 - 12:42
     
    Portraits de Javier Moreno Sanchez et Lilli Gruber
    La carte bleue ? "Un bon premier pas", selon les deux députés interrogés
    Ouvrir les portes de l'Union aux immigrés qualifiés : telle pourrait être la solution aux problèmes démographiques d'une Europe vieillissante. Le Commissaire européen Franco Frattini a récemment proposé d'introduire une « carte bleue » européenne, sur le modèle de la carte verte américaine. Objectif : faire concurrence aux Etats-Unis, qui attirent la majorité des personnes qualifiées des pays tiers. Est-ce une bonne idée ? Deux députés qui travaillent sur les questions d'immigration répondent.

    L'Europe vieillit. Les projections indiquent qu'en 2050, un tiers des européens aura plus de 65 ans. Pour payer la retraite de chaque européen retiré de la vie active, il faudra deux travailleurs -contre quatre aujourd'hui.
     
    Comment anticiper ce phénomène, alors que la population est à la baisse ? « Le défi est d'attirer les travailleurs nécessaires pour faire face à des pénuries spécifiques », a répondu Franco Frattini, vice-président de la Commission chargé de la justice, de la liberté et de la sécurité, dans un discours à Lisbonne, le 13 septembre dernier. Pas moins de 20 millions d'immigrés qualifiés seraient nécessaires pour répondre aux besoins.
     
    Une carte bleue pour attirer les immigrés qualifiés
     
    Or, l'Europe en est loin. Selon les statistiques données par le Commissaire européen, 55% des immigrés titulaires d'un diplôme universitaire choisissent de résider aux Etats-Unis -seuls 5% choisissent l'Europe. Au contraire, l'Europe accueille 85 % de ceux qui n'ont pas fait d'études supérieures. Pour faire concurrence aux Etats-Unis, l'UE cherche donc de nouvelles méthodes. Comme par exemple offrir un permis de séjour aux travailleurs qualifiés, sur le modèle de la carte verte américaine.
     
    La « carte bleue européenne » serait ainsi accordée pour une période initiale de deux ans et donnerait aux immigrants le droit de travailler dans un Etat membre. Après cette période initiale, ils pourraient aller travailler, dans certaines conditions, dans un autre Etat européen -ce qui reste difficile actuellement. Ils pourraient enfin accumuler ces différentes périodes de séjour pour obtenir le statut de résident de longue durée.
     
    Ces travailleurs qualifiés bénéficieraient par ailleurs des mêmes droits -conditions de travail, sécurité sociale- que les européens.
     
    « Un premier pas dans la bonne direction », pour les députés européens
     
    La députée italienne Lilli Gruber (PSE) est l'auteur d'un rapport sur l'immigration légale, débattu mercredi en plénière. Elle juge que la proposition de « carte bleue » est un « premier pas dans la bonne direction, même s'il demeure timide ». Si la préférence communautaire reste appliquée dans de larges secteurs de l'économie, «  il est indiscutable qu'il existe une demande de compétences spécifiques - variable d'un pays à l'autre- qui ne rencontre pas d'offres adéquates à l'intérieur de l'UE. Dans ces cas, il est normal d'ouvrir les portes de l'Europe », estime-t-elle.
     
    Même opinion chez le député espagnol Javier Moreno Sanchez, qui voit dans cette proposition un moyen de contrer l'immigration clandestine et le trafic d'êtres humains. Il est l'auteur d'un rapport sur la politique de lutte contre l'immigration illégale. Mais pour lui, cette carte n'est qu'un premier pas : « avec cette carte, on se concentre sur les travailleurs qualifiés. Mais il faudra aussi établir un statut commun pour le reste des travailleurs immigrés, dont nous avons autant besoin, tant d'un point de vue démographique qu'économique ».
     
    Le dilemme de la fuite des cerveaux 
     
    Mais une Europe qui attire les personnes qualifiées des pays tiers n'est-elle pas une Europe qui favorise la fuite des cerveaux, dans des pays qui ont besoin de leurs élites ? Pour Lilli Gruber, l'Europe devra faire attention « à ne pas piller les réservoirs de talents de pays qui en ont besoin, sans rien offrir en échange ». Il faudra donc soutenir les démocraties et les économies fragiles de ces pays.
     
    Pour Javier Moreno Sanchez également, des mesures devront empêcher la fuite des cerveaux. La promotion de la « migration circulaire » est, selon lui, un bon exemple : elle « permet de former les travailleurs qualifiés et de leur offrir des aides au rapatriement », pour qu'ils puissent faire profiter de leurs expériences les citoyens de leur pays d'origine.
     
    Approfondir le débat : discussions sur l'immigration, mercredi 26 septembre
     
    Le Commissaire Frattini doit donner des précisions sur le projet de carte bleue européenne, mercredi matin dans l'hémicycle. Les rapports de Lilli Gruber et Javier Moreno Sanchez seront également débattus. 

  • Commentaires

    1
    lotfi
    Jeudi 22 Novembre 2007 à 09:38
    droit au..
    un monde de la mondialisation économique et financière où le marché la marchandise et pour donner au tiers mondiste leur droit il faut aussi que les frontières seront libres , un monde sans frontière...
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